• Dimitri vit chez sa grand-mère dans un trou perdu de Belgique, avec son père et ses trois oncles -soiffards invétérés et fans furieux de Roy Orbison. Entre deux cuites, des amours sales, une course cycliste nudiste et la ronde des huissiers, le clan des Verhulst parasite, fier de sa nullité. Une certaine forme du bonheur, qui ne convainc pas les services sociaux...

    Chronique d'une enfance dans les marges et portrait de famille truculent : un roman d'initiation à la mélancolie hilare, porté avec une infinie tendresse par celui qui en a réchappé.

  • Par désespoir, mais aussi pour asticoter son monde et se venger de son épouse qu'il méprise et déteste, Désiré Cordier, petit bibliothécaire pensionné de son état, décide de simuler la maladie d'Alzheimer. Mais bientôt il se prend au jeu et s'amuse des réactions désemparées de sa famille. Il découvre là un moyen à la fois d'exercer une liberté qu'il n'a jamais connue, une façon d'échapper à toute obligation et un moyen sûr de se venger de son entourage, et surtout de sa femme qui l'a toujours régenté. Il décide alors de se plonger dans les joies de la démence, de la sénilité et de l'incontinence. Son entreprise réussit à tel point qu'il parvient à tromper les médecins, qui finissent par l'interner dans une institution. Mais la maison de retraite lui réserve quelques surprises, comme les retrouvailles avec son amour de jeunesse et la rencontre avec des pensionnaires aussi déjantés que lui.
    À travers des portraits féroces, attachants et pathétiques, Verhulst nous livre sa vision douce-amère du mariage, de la famille, de la vieillesse.

  • Par une journée grise et ordinaire, une brève nouvelle apparaît sur Internet : Jésus-Christ va bientôt faire son entrée à Bruxelles. Les Belges accueillent l'information avec sérieux et sérénité. Leur pays est une destination favorite de la Sainte Famille et la Vierge y est plus d'une fois apparue. Les questions se posent cependant : qui aura le privilège d'accueillir le Christ? À qui donnera-t-il ses premières interviews? En quelle langue? Une fièvre de préparatifs s'empare des habitants de la ville, toutes communautés et religions confondues. Seuls les catholiques paraissent inquiets...
    En quatorze 'stations' qui sont autant d'humoristiques examens de soi, de la Belgique et finalement du monde contemporain, Dimitri Verhulst nous embarque dans une fable d'une irrésistible drôlerie.

  • " "Fais seulement comme si je n'étais pas là !" que je dis au gosse en train de crever de faim et dont j'essayais de prendre une photo.
    Je sentais quelque part que celle-ci serait ma photo. La photo. La photo qui allait inaugurer ma grande percée, qui allait me permettre de gonfler ma valeur marchande et de suggérer au grand patron de Reuter de me retéléphoner un jour où ça m'arrangerait mieux. Un photographe sent ça. " (DV) Hôtel Problemski a vu le jour de manière fortuite : la directrice du centre fermé d'Arendonk (Campine belge) a demandé à Dimitri Verhulst de traiter du sujet tabou que sont les centres d'accueil.
    Dimitri Verhulst fut tant hanté par son sujet qu'il ressentit le besoin d'en faire un roman. Hôtel Problemski a été publié en 2003 en Hollande, traduit dans une dizaine de langues et sélectionné par l'UNESCO en tant qu'oeuvre utilitaire représentative.

  • Roots

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    " Il m'est ainsi devenu possible d'envisager de travailler sur la Belgique, car je n'y vivais plus. Il est difficile de travailler sur l'endroit où l'on habite. On était en 1973 et je n'y travaillais qu'en noir et blanc. Tout me paraissait gris. Je suivais parfois le calen- drier des innombrables fêtes locales, carnavals, processions et autres, très particuliers en Belgique et sujets à de spectaculaires débordements alcoolisés.

    J'ai mis environ deux ans à y voir la couleur qui m'intéressait. Ce fut une révélation. Par ailleurs, j'ai commencé à voyager en photographiant au Maroc, en Inde, toujours en couleur. Mais il y avait la Belgique, avec ce rapport de refus et d'attirance en même temps.

    À New York, en 1976, j'ai vu l'exposition « William Eggleston's Guide » au MoMA, avec de superbes tirages « dye transfert », qui donnaient une grande sensualité à la couleur. La découverte de la photographie couleur américaine a été essentielle : j'ai ressenti une profonde affinité avec cette mouvance, qui m'a encouragé à continuer à photographier la Belgique en couleur.

    Mes influences proviennent surtout du cinéma et de la peinture. Pour moi la photographie n'existe que lorsqu'elle a pris corps dans un tirage, qui doit être l'expression juste de ce que je recherche. Je passe, comme beaucoup, plus de temps à sélectionner mes images et à travailler mes tirages qu'à photographier.

    En 2000, j'ai publié aux Éditions Delpire mon premier livre sur la Belgique : Made in Belgium, avec des poèmes originaux d'Hugo Claus. La Belgique est probablement le pays européen qui s'est le plus vite américanisé après la Deuxième Guerre mondiale, d'où la puissance de cette banalité, confrontée au surréalisme et à la force des traditions conservées malgré tout, alors que j'y travaillais avant le tournant du siècle. Aujourd'hui, c'est beaucoup moins flagrant, l'uniformisation gagne, avec une autre culture de la banalité, moins ancrée dans les traditions. Beau, laid, banalité du beau, beauté de la laideur.

    Ces contradictions sont aussi les miennes." Harry Gruyaert

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